Ma Pounette est colérique.

Pas une colérique du dimanche qui râle et boude si elle est disputée par l'un ou l'autre de ses parents. Une vraie colérique, une de celles qui méritent leur article sur la toile ! La fureur de Bidouille est telle que les vitrages de la maisonnée pourraient raisonner. (Comment ça vous trouvez que j'exagère?! Bon, peut-être un peu !)

Elle apprivoise ses accès de colère de mieux en mieux, les explique plus facilement mais a encore du mal à les canaliser. Toutefois elle sait désormais ce qu'elle doit faire en cas de grosses "crises". Parfois, je me trouve un peu désemparée et ne sait plus comment réagir. Alors, la colère éclate chez moi également, cependant, c'est le comportement inverse qui est attendu. Elle sait me donner de plus en plus de pistes afin que l'accalmie soit retrouvée rapidement. Mais à pas tout à fait 3 ans, il est difficile de gérer soi-même ce genre de comportement et j'essaye de l'accompagner au mieux. En parlant avec elle, d'abord. En essayant de l'envelopper de tout mon amour et de cette sensation de sécurité dont elle a l'air de manquer quand une crise pointe son nez, aussi. J'ai compris avec le temps, qu'une fois la couleur de son visage revenue à la normale :-), je peux lui proposer mes bras pour l'apaiser avec un câlin. J'ai également compris qu'il ne servait à rien d'essayer de passer au dessus de sa colère, ni de l'ignorer. Elle doit sortir. Ho! Croyez-moi, si j'étais réputée pour avoir un humour très limite, je vous comparerais ça à un petit pet, qui ne peut rester dans son confinement au risque de provoquer des maux bien plus douloureux. Mais bon, j'ai la prétention de croire que mon humour est sobre, propre et très classe. La prétention seulement, paraît-il...

Bref, la colère sort. Voici le tableau. Poune s'enrage. Rougit et pleure. Elle s'aperçoit vite qu'elle ne peut plus se contrôler. Les cris apparaissent à leur tour. Des cris aigûes, hein, pas des cris de petite fille... Enfin, si, mais, vous m'avez compris ! Puis les poings se serrent, le visage est de plus en plus écarlate. Si une porte à le malheur de se fermer inopinément devant elle à ce moment là, (rien à voir avec la volonté de sa Mère de ne plus l'entendre hurler...) c'en est fini pour celle-ci. Les coups fusent. Si on essaye de la retenir, la toucher, elle nous repousse. Depuis peu, elle me montre l'angoisse que cela provoque chez elle, d'être dans cet état. Car elle me supplie " Arrête Maman " quand je porte la voix au-dessus de la sienne ou quand j'essaye de tenir ses mains pour lui parler. Ce n'est pas à ce moment là que je dois lui parler, je l'ai compris désormais. Alors, j'adoucis ma voix, autant que je le peux. Je recule d'un pas. Et j'attend. J'attend un signe de sa part, un signe qui m'invite à la prendre dans mes bras pour enfin établir un dialogue. Elle ne sait pas si elle doit s'éclipser ou rester là prés de moi le temps que la crise prenne fin. Je la sens si vulnérable. Puis, la colère s'en va. Cette terrible qui nous pourrit un peu le quotidien. Cette sournoise qui n'en fait qu'à sa tête et qui réclame son dû lorsque la Poune est contrariée. 

Nous espérons pouvoir modérer ce comportement avec le temps, en tentant de croire que cela ne se passe qu'à l'intérieur du cocon familial. Nous essayons de lui donner les armes nécessaires afin que ces emportements s'essouflent. Et nous continuons de lui parler. Toujours davantage. Au fond de nous, on sait que notre force c'est cette facilité que nous avons de parler ensemble.

 

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